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Lídia Jorge a très gentiment accepté de répondre à nos questions :

sobre o texto Casa de Campo

  1. Est-ce une histoire inspirée de faits réels (une sorte de fait divers autour d'une légende) ou bien une invention de votre part?
  2. R. Une amie à moi m’a raconté cette expérience qu’elle était en train de vivre pendant un mois d’août. Elle sursautait. De petites pierres tombaient dans son jardin et dans sa piscine. Elle ne savait pas d’où elles venaient. C’était en même temps drôle et mystérieux.
  3. D’où vient l'idée des pierres qui tombent?/ - De onde lhe surgiu a ideia de pedras que caem?

R. J’ai commencé à écrire cette histoire avant même qu’elle ne soit terminée. D’où venaient les pierres? Je m’imaginais des solutions – des enfants d’à côté, des ennemis, de méchants voisins. Pourtant, la seule réponse a été le doute pour toujours. Une histoire à rêver, non achevée, comme parfois il arrive dans le quotidien ordinaire.

  1. Que voulez-vous dire par “uma entrada...sobraçada por un arco de hera”. Qual é a ideia que a senhora quer exprimir quando diz: “uma entrada em madeira sobraçada por um arco de hera”?
  2. R. Il s’agit d’une porte d’extérieure en bois, ouverte dans un mur qui entoure la maison de campagne. Le mur présente un arc sur l’ouverture, et sur cet arc, il y a ce type de végétation, du lierre. Très courant à la campagne.
  3. Comment sont morts les enfants (dont les âmes viennent perturber les voisins)? Como é que os jovens foram mortos (as almas que atiram pedras às pessoas)?
  4. R. On ne sait pas comment ni pourquoi. Ce n’est pas nécessaire. C’est triste et injuste la mort des enfants. Je m’imagine que les âmes des enfants aimeraient continuer à vivre, et donc à s’amuser en tant qu’enfants. Les pierres étaient de petite taille, menues, comme si elles étaient choisies par de tout petits enfants. Elles ne blessaient personne.
  5. Est-ce que les six amis sont sincères ? Ou bien est-ce que ce sont des journalistes déguisés en vacanciers? - Os seis amigos que estão de férias na casa, são jornalistas dissimulados/disfarçados?
  6. R. Oui, ils sont sincères. Je n’ai pas le texte sous les yeux, mais je crois qu’ils sont seulement des témoins qui donnent crédibilité à l’histoire qui est en train de se dérouler.
  7. Est-ce que l'auteure Lidia Jorge se sent proche du narrateur ?
  8. R. Oui, bien sûr, dans ce cas-ci, moi-même je me sens auteur et narrateur. Je me sens attirée par une histoire mystérieuse du point de vue du réel, e sans conclusion définitive de façon à faire rêver. C’est joli d’imaginer que les enfants disparus pourraient continuer à vivre et à s’amuser. Si j’étais Tout-puissant, je le permettrais. Puisque je ne le suis pas, je l’imagine en Littérature.
  9. Est-ce que Boliqueime fait partie de la fiction? Ou lieu de l'écriture?
  10. R. Il s’agit d’un lieu d’écriture où arrivent des histoires que, parfois, je transforme en écriture.
  11. Nous nous demandons comment interpréter la phrase :” na esperança rara de uma brecha se abra no tecto da tenda que separa a fisica da irrealidade” Temos uma dúvida em relação ao último parágrafo do texto. Não percebemos bem a distinção entre a autora e o narrador. A senhora pode explicar?
  12. R. Le monde physique, celui que nous touchons de la main, nous donne l’ideé de finitude. Pourtant on s’inquiète toujours sur l’infinitude et l’éternité, ça veut dire, l’hypothétique dimension métaphysique. Il y a toujours des gens qui guettent la possibilité de voir des signes du métaphysique dans le monde concrêt. Éssayant d’ouvrir une fenêtre vers un au-delà de la matière. Nous avons l’idée qu’une toile, ou un toit, sépare ce monde-ci de ce monde autre, imaginé. Est-ce qu’il y a un passage entre les deux? Est-ce faux? Réalité et irréalité sont-ils deux mondes séparés? C’est la question non résolue du texte.
  13. A quel âge avez-vous écrit “Casa de campo”?
  14. R. Il n’y a pas longtemps, environ cinq, six ans auparavant. Dans le monde de l’écriture, tu n’as pas d’âge. Celui qui écrit doit être en même temps, vieillard, jeune, adulte, homme, femme, enfant.

sobre o trabalho de escritor

  1. Depuis quel lieu l'auteure écrit-elle?
  2. R. Le lieu de l’écrivain est sa tête et sa cour, et tout le monde autour.
  3. Est-ce que vous avez toujours eu la volonté de devenir écrivain?
  4. R. Depuis toujours, je voulais, surtout, écrire. Devenir écrivain ça a été une résultante venue en conséquence.
  5. Qu'aimez-vous dans le métier d'écrivain? – O que é que gosta na profissão de escritor?
  6. R. Ce n’est pas une profession. C’est une forme de vivre et de survivre. C’est bon d’inventer.
  7. A Lídia tem medo das críticas?
  8. R. J’ai peur des mauvaises critiques. Elles peuvent nous blesser pour toujours.
  9. Como é que a senhora caracterizaria o trabalho de escritor?

R. Lire seul, travailler seul, et le faire pour partager avec les autres, au milieu de tout le monde.

  1. Quantos livros já escreveu?
  2. R. J’ai écrit quinze livres.
  3. - Sempre quis tornar-se escritora?
  4. R. Oui, depuis que j’ai appris à écrire. J’ai compris que c’était bon, que ce serait ma vie, indépendamment de la publication. Écrire me semblait faire grandir le monde, surtout, le transformer en quelque chose d’autre. Réclamer quelque chose de meilleur et de plus beau.

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8 de fevereiro : Lídia Jorge aceita responder às nossas perguntas:
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